mercredi 17 janvier 2018

Une décennie

Coucou !
Article spécial aujourd'hui (je n'ai pas eu le temps hier de le rédiger)... Voici mon long, long, pavé...

13 janvier 2008 ; en milieu de soirée : Du haut de mes 19 ans et 02 mois, je suis enceinte de 09 mois, je vais à la maternité pour de fortes contractions régulières mais non douloureuses.

14 janvier 2008 ; vers 02 ou 03 h 00 du matin : Il me disent de rentrer chez moi.

15 janvier 2008 ; fin d'après midi - début de soirée : Je retourne à la maternité pour de nouvelles contractions fortes et régulières mais toujours non douloureuses.
21 h 30 : Ils décident ENFIN de me garder au moins pour la nuit afin de surveiller
22 h 30 : Je suis installée dans une chambre déjà occupée par une future maman.

16 janvier 2008 ; 01 h 30 : Je suis réveillée par de fortes douleurs dans les reins, ce qui m'empêchera de dormir TOUTE la nuit ! Malgré les allées et venues des infirmières dans ma chambre toutes les 05 à 10 minutes pour l'autre dame, je n'ose pas dire que je souffre. Peur de les ennuyer, peur de déranger pour rien. Je pense et me dis que ça finira bien par passer. Peut importe les positions, AUCUNE ne me soulagera.

Vers 08 h 00 - 08 h 30

"Bonjour mademoiselle ! C'est l'heure du petit déjeuner ! Qu'est ce vous mangez le matin ? Qu'est ce que vous voulez ? Vous avez bien dormi, ça va ?"
(Heu comment te dire que là, tu n'as qu'une envie c'est de l'étrangler tellement tu es crevée par ta nuit blanche et les douleurs mais la pauvre n'y est pour rien alors ça serait mal venu)
- Non ma nuit a été horrible, je n'ai pas du tout dormi.
"Ha bon mais pourquoi ?"
- Parce que depuis 01 h 30 du matin j'ai d'horribles douleurs dans les reins, je ne sais pas de quoi ça vient, ni ce que j'ai.
"Bon bah on va regarder ça, ne vous inquiétez pas. Sans doute rien de grave hein d'accord ?"
Je suis donc auscultée et la jeune femme (je ne sais plus si c'est une sage-femme, une gynécologue ou autre) me dit... "Mais... Mais mademoiselle ! Vous êtes en plein travail ! Vous êtes ainsi depuis ce matin 01 h 30 ? ! Mais ça ne va pas d'être restée comme ça ? ! Vous n'avez pas senti que vous aviez perdu les eaux ? !"
- Bah non puisque je n'ai pas perdu les eaux ! ! ! Et je ne savais pas que j'étais en travail. C'est peut être que mon 1er bébé mais si j'avais perdu les eaux j'y aurais senti quand même !
"Donc, ça fait 07 h 00 que vous êtes en plein travail et n'avez appelé aucune infirmière pour vos douleurs ? !
- Heu bein non je n'ai pas osé...
"Mais enfin, IL FAUT oser. IL FALLAIT oser. On est là pour ça. Ok, je vais appeler mes collègues, on va préparer une salle d'accouchement en espérant qu'il y en ai une de libre. En attendant, prévenez vos proches si vous avez quelqu'un à prévenir, marchez dans le couloir et utilisez le ballon à votre disposition là bas"
- Ok... merci...

Me voilà totalement à l'ouest, partagée entre l'excitation, l'angoisse, la peur.

Vers 09 h 30 - 10 h 00 :

On m'installe en salle d'accouchement et on me pose la péridurale (tu sais la grosse non l'énooooooooorme aiguille qu'on te plante dans le dos qui fait bien mal. Du moins pour ma part). J'ai bien eu mal d'ailleurs, on m'a piqué 04 fois ! Mais après cela, c'était royal car j'avais juste à appuyer sur un bouton vers ma perfusion et hop, douleur disparue.
On m'explique que quand bébé se présentera, ils serons plusieurs à m'appuyer sur le ventre pour le faire sortir du fait que je ne peux pas pousser avec mes problèmes de santé.
Dans la salle d'accouchement, il y avait avec moi, l'anesthésiste, 04 sages femmes, 01 gynécologue et 04 autres personnes qui étaient sans doute des internes et / ou infirmières. Oui, je peux le dire, j'étais plus que bien entourée. Une des sage femme, voulant regarder à combien de cm j'étais ouverte, a sans le vouloir, percé la poche des eaux (je peux dire que je l'ai bien senti !) et s'est écrié "oh mais, c'est qu'il y a la tête ! Oh mais, c'est qu'il a une sacrée touffe de cheveux ce petit !"
Sauf que même plusieurs heures après, bébé ne se présentera pas.
Cela fait maintenant plus de 08 h 00 que je suis en salle de travail, je ne souffre pas mais je suis épuisée, je suis ouverte à 10 cm mais voilà qu'une dispute éclate entre les médecins sous mes yeux car une des sage femme veut attendre que je sois ouverte à 11 cm, tandis que les autres, préconisent la césarienne car bébé fatigue + + +, nous commençons à manquer d'oxygène. Ils me préviennent qu'ils vont certainement devoir me faire une césarienne car cela devient de plus en plus risqué.
Même si j'étais effrayée par l'idée d'avoir une césarienne, que je n'en voulais pas, je suis tellement épuisée que je m'entend leur dire "faites ce que vous voulez, je m'en fiche, mais sortez le je n'en peux plus"

18 h 10 : 

On m'installe au bloc opératoire. La césarienne commence, je me crois dans la série Nip / Tuck ou encore Urgences car aucun drap n'a été mis et je vois tout. Mais ABSOLUMENT TOUT ! Ca reflète même dans les lumière au-dessus de mon corps car ce sont comme des miroirs. J'ai donc pu voir l'intérieur de moi-même, c'est assez... impressionnant ? Je ne sais pas quel mot employer. En me trifouillant l'intérieur avec une compresse,ils sont allés trop loin, je suis prise de nausées et informe l'anesthésiste à côté de moi que j'ai envie de vomir, que je vais vomir. Ils m'ont vite apporté un haricot et j'ai vomi dedans.

30 minutes plus tard... 18 h 40 :

Ca y est, mon bébé est sorti. Mais... il ne pleure pas ! Moi paniquée, sur la table d'opération, demande "pourquoi il ne pleure pas ?" ça a duré quelques secondes mais pour moi elles ont été trop longues. Au bout de ces interminables secondes, j'entends mon bébé pleurer. Quel soulagement ! On me l'amène et on m'explique qu'il avait du liquide amniotique coincé dans la gorge, c'est pour cela qu'il n'arrivait pas à pleurer. Mon bébé est enfin là et je n'ai pas fait les choses à moitié... il pèse 04 kg 650 pour 52 cm.
Sauf que je profite de mon fils que quelques secondes car ils m'emmènent dans une salle d'accouchement. Je ne comprends pas pourquoi ni ce qui se passe, jusqu'à ce qu'un médecin me dise "on doit libérer le bloc mais on s'occupe de vous car vous faites une hémorragie interne, vous risquez de mourir !" Ok, prends toi ça dans la gueule... Comment te faire paniquer en 02 secondes ? Voilà maintenant tu le sais.

De 18 h 50 jusque dans la nuit :

Je suis sous surveillance + + +, régulièrement ils se relaient pour venir voir comment je vais, voir comment l'hémorragie évolue ou pas, voir si les saignements cessent. Pour cela, ils "s'amuseront" à m'appuyer sur ma céserienne toute fraîche en me faisant pleurer de douleur. Un des médecins m'a même dit "vous pouvez lâcher mon poignet vous me faites mal" (parce que toi tu n'es pas en train de me torturer peut être ? Pauvre type ! Oui bah je souffrais je suis excusable, je le sais que ce n'était pas de sa faute et qu'il faisait que son travail)

17 janvier 2008 à 05 h 00 :

Mon hémorragie s'est enfin arrêtée, ils vont pouvoir me remonter en chambre. Depuis la naissance de mon bébé, je l'ai très peu vu. Pendant qu'ils soignaient mes saignements, on m'a amené mon fils 02 ou 03 fois et maximum 15 minutes.

05 h 30 :

Me voilà dans une chambre, SEULE. Quelle joie. Oui je savoure d'être dans une chambre seule. Je savoure également quand je vois mon bébé arriver dans son berceau.
C'est moi qui ai fait cette belle progéniture qui dort si paisiblement ? Oui, visiblement.

Malgré tout, je cache devant tout le monde mon enthousiasme. Pourquoi ? Je ne sais pas et je me surprends même à me dire "Je ne vois ce qu'il y a de si extraordinaire, j'ai fait un bébé et alors ? Tout le monde peut en faire (en dehors de ceux qui ont des problèmes de fertilité)" quand on me dit "félicitations..."

10 ans se sont écoulés depuis. C'est avec beaucoup d'émotion et les larmes aux yeux que j'écris ces lignes. Hier j'ai souhaité un bon anniversaire à mon fils. Mon 1er né, mon 1er (gros) bébé, mon 1er petit / grand garçon. Ensemble nous avons parcouru divers chemins, des chemins semés d'embûches aussi mais j'en suis fière car malgré tout, on s'en est sorti.
Je voulais le meilleur pour lui et même si tout n'était pas parfait comme je l'avais rêvé, j'estime lui avoir donné le meilleur car je me suis battue pour lui et continuerai de le le faire afin de lui apporter encore et toujours le mieux pour lui.
Même si je ne suis pas démonstrative et que je ne le dis pas directement ni facilement, JE L'AIME mon fils. Oui JE T'AIME mon bébé d'amour
Je prends une sacrée claque dans la tronche quand même.

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